Au delà des études sur le comportement des consommateurs, des tendances, ou des offres, les agences de communication/marketing doivent savoir comment se structurer pour générer du profit dans un contexte de plus en plus tendu financièrement. Elles doivent s’adapter à leur marché. Mais sous quelle forme ? Petit tour d’horizon.

                                                                                     digressions

En lisant une longue analyse de Jérémy Dumont sur l’avenir des agences de communication/publicité/marketing/média (qui explique au passage que la concentration des compétences et les équipes agiles sont l’avenir des agences), je n’ai pu m’empêcher de faire le corolaire avec le Tchad. Même si nous sommes à mille lieues des situations décrites par le planneur stratégique du videpoches.fr, j’ai souhaité pousser la réflexion. 

John Wren, le PDG du leader américain du secteur Omnicom, déclarait, fin mars 2018 : ‘’A l'issue d'une année 2017 difficile, les grands groupes de communication mondiaux doivent faire évoluer leur modèle face à des clients qui ne les considèrent plus comme les intermédiaires obligés pour communiquer à l'ère du numérique’’
La situation décrite par le magnat américain de la communication est identique à la situation tchadienne, dans la quelle l‘attachée de presse, le RP ou le spécialiste du display est oublié par les annonceurs tchadiens au profit d’une campagne Facebook peu onéreuse.

Pour combattre ce phénomène il faudra aux professionnels redoubler d’effort auprès des annonceurs. Sensibiliser, conseiller à bon escient, délivrer des rendus impeccables et surtout assurer un suivi (une sorte de service après-vente) pour marquer une différence.

D’autre part, concurrencer ‘’un concurrent’’ qui n’est pas soumis aux mêmes règles fiscales et ni contraint aux même charges signifie diminuer le prix de ses prestations. Donc accepter de travailler avec des marges réduites.

 

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La survie des huit agences stables et pérennes regroupées dans la toute nouvelle Association des agences de communication du Tchad (2ACT) passe par cette double démarche.

Le marché de la communication/publicité/marketing au Tchad, qui fait fantasmer au point de voir naître une agence tous les mois, peut être estimé à 2,5 milliards CFA annuel (une broutille) hors marchés publics. Ce chiffre est évidemment empirique et basé sur une estimation des dépenses des deux principaux annonceurs tchadiens (à savoir Tigo et Airtel), des différentes agences de l’ONU et de leurs programmes thématiques. Ce montant sera contesté, mais j’attends des contestataires qu’ils m’apportent des données tangibles afin que je puisse m’enrichir de cette info et rectifier le tir.

Quelles chances de survie sans corruption ?

Quel est donc le coefficient de viabilité d’une agence au Tchad, en fonction du type d’organisation ? Je parle bien de viabilité, car c’est ce que l’on peut espérer de mieux pour le moment. Si on s’attend à plus, il faudra déménager et aller chercher une herbe plus grasse ailleurs.

Pour rappel, mon coefficient de viabilité n'est valable que pour les agences qui travaillent sans avoir recours aux actes de corruption.

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 Certains diront ''mais tu n'as pas répondu à la question de comment faire pour générer du bénéfice ?'' En effet, mais il y a dans ce billet assez d'indications pour éviter de se casser la figure.

Chérif ADOUDOU ARTINE (leader numérique autoproclamé)

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