La table ronde de Paris des 6, 7 et 8 septembre prochains sera une occasion unique pour les Tchadiens d’attirer des fonds pour le développement de projets divers. L’un d’entre eux, alliant technologies, numérique et métiers ruraux, a retenu mon attention. Focus sur Nour Al Balad.

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Une multitude de projets sera présentée par des industriels et hommes d’affaires tchadiens à la Table ronde co-organisée par le ministère de l’Economie et de la Planification du développement et le PNUD à Paris les 6, 7 et 8 septembre 2017. L’objectif de ces ‘’gold digger’’ tchadiens est de séduire des investisseurs afin de donner vie à leurs idées, et ce en dépit de tous les achoppements inhérents à notre pays. Nour al balad, un programme de développement Agrotech étudié pour la région du Lac, est le projet dont j’ai décidé de parler parce qu’il se singularise par son ambition économique mais aussi par ses visées à portée sociale.

Les mauvaises langues diront : « Chérif ne te moque pas nous, le promoteur de ce projet est ton propre frère » A ceux-là, je répondrai : « Si mon frère à bonne idée, pourquoi ne pas la défendre ? ».

 

 

legendes d'automne

 

 

Nous avons tous (ou presque) en mémoire ces images de champs et d’exploitations agricoles à perte de vue du Midwest américain qu’Hollywood ou que l’hagiographie populaire américaine nous sert depuis des décennies. Imaginez ces plaines verdoyantes sur des dizaines de km² dans la région du Lac Tchad. Des centaines de fermes auxquelles seront liées des exploitations à but lucratif. Une aubaine pour le Tchad et son autosuffisance alimentaire, car le projet a été planifié pour desservir tout le pays. Mais aussi pour une région minée par le chômage et dont les populations sont à la merci de toutes les tentations.

 

Agrotech, énergies renouvelables et emplois

 

planning

 

 

Nour Al Balad s’articule le long d’une couronne autour de la rive méridionale du Lac Tchad parsemée d’agropoles (composées de fermes) dédiées à la production et la transformation de la production agro-sylvo-pastorale. Ce modèle repose  sur l’utilisation des énergies renouvelables et du numérique en vue de l’industrialisation de la production agricole.  Sa mise en œuvre nécessitera l’emploi direct de 150 000 jeunes issus de tous les corps de métier.

Le Business Model relatif au financement des activités du programme repose sur le partenariat public-privé (PPP). Les apports de l’Etat et du secteur privé devront assurer la réalisation des  trois principaux volets que sont les infrastructures de soutien, les agropoles (industrialisation et urbanisation) et les fermes (production sous divers types).

Durant la phase pilote, Nour Al Balad sera réalisé dans la partie tchadienne du Lac Tchad. Ensuite, il sera étendu progressivement sur le 4 autres sites retenus comme zone d’intervention du programme, à savoir :

  1. Le Bahr Rigueyig, un déversoir du Chari
  2. Les plaines du Salamat
  3. Le Lac Fitri
  4. Les aquifères du Grès de Nubie

 

Une réponse évidente

Le projet Nour Al Balad est porté par un pool composé de scientifiques et de businessmen représenté par Amir Adoudou Artine, tycoon ayant pignon sur rue (Pdg de Geyser SA, membre du conseil d’administration du Parc Zakouma, etc) et Président de la Chambre de commerce, d’Industrie, d’Agriculture, des Mines et d’Artisanat du Tchad. Mais aussi grand passionné d’élevage et d’agriculture. Il décrit le projet Nour Al Balad comme une réponse évidente à la crise économique que traverse le Tchad, mais aussi une alternative sur le long terme aux énergies fossiles «(…) le choc pétrolier rend indispensable la relance des activités agro-sylvo-pastorales, véritables moteur de croissance, mais trop longtemps assises sur un système d’exploitation de type traditionnel. Pour les économies africaines, l’agriculture, qui fournit du travail à plus de 60 % (ndlr : source BAD) de sa population, est la clé de l’accélération de la croissance, de la diversification, de la création d’emplois et de la richesse dans tous les plans de l’économie. »

Et de conclure : « Nour Al Balad entre pleinement dans les objectifs du Plan National de Développement du quinquennat présidentiel qui contribuera à la diversification des bases de l’économie nationale dans l’optique du développement durable. »

Sur ce lien, retrouvez la fiche descriptive de Nour Al Balad

Chérif ADOUDOU ARTINE, leader numérique autoproclamé. (@fortius0)

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