Nous vous proposons jusqu'au 8 avril une "éphéméride" de la campagne électorale pour la présidentielle du 10 avril 2016. Un regard sans fard sur la classe politique tchadienne et la manière dont elle souhaite se faire entendre. Une sorte de veille politique-marketing-médias. #J13

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La rupture ! 

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Ca y est, la rupture est entamée. L’UST (Union des syndicats du Tchad), par la voix de son Secrétaire général adjoint, Gounoung Vaima Gan-Faré, a annoncé ce vendredi 1er avril qu’elle se retire de la CENI (Commission électorale nationale indépendante). La collaboration et la confiance qui doivent être de mise entre les différentes parties composant la CENI  volent en éclat.

Après près de deux semaines de détention de quatre personnes issues de la société civile (dont le SG de cette même UST), les représentants de la plateforme syndicale ont jugé qu’il n’est plus possible de travailler dans ces conditions. Cette politique de la chaise vide n’est pas la meilleure approche. Car la composition hétéroclite de cette commission chargée de gérer les élections est un des acquis sur lequel l’UST et les partis d’opposition ne peuvent s’assoir. Jeter l’éponge signifierait laisser le champ libre à d’éventuels scénarii de fraudes. Ce que craignent ouvertement les 13 candidats opposés à Idriss Deby Itno.

La question peut être abordée d’un autre point de vue. L’incarcération des quatre porte-paroles ne répondrait qu’à une stratégie du MPS qui souhaite voir l’UST et ses consœurs jeter l’éponge. De la sorte, pas de « contrepouvoir » au sein d’une CENI qui sera alors libre d’agir à sa guise. La victoire au 1er tour pour le candidat de l’Alliance ne serait alors qu’une formalité.

Lu sur un compte Facebook, à prendre donc avec beaucoup de prudence : Le Dr Albishaty SalehAllazam et Jean-Bosco Manga, deux figures de la mobilisation en faveur des quatre détenus, ont été convoqués par la Police judiciaire ce samedi 02 avril en fin de matinée.

Sur un ton moins grave, j’ai apprécié une photo qui aurait fait le tour des médias tchadiens si nous n’étions pas aussi manichéens dans notre rapport à la politique. Idriss Deby s’adonnant à la danse locale lors de son déplacement à Bongor.

gourna2 Crédit photo : voteidi2016.com

Malgré la fatigue et la maladie supposée, le sortant n’a pas hésité a entamé quelques pas de Gourna, chère au Mayo-Kebi. Cette photo et son contexte prouvent que « la bête politique » qu’est Deby est vraiment en campagne électorale. Ce cliché dément mon avis initial : je pensais qu’il se présentait à ces réunions populaires par obligation. Dans quel cas il aurait pu se contenter du service minimum. Le fait de donner de sa personne pour attirer la sympathie des autochtones est une preuve que le candidat de l’Alliance prend ces meetings au sérieux. Et par conséquent, ses adversaires au sérieux.

Bon week-end !

Chérif ADOUDOU ARTINE

 

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