Nous vous proposons jusqu'au 8 avril une "éphéméride" de la campagne électorale pour la présidentielle du 10 avril 2016. Un regard sans fard sur la classe politique tchadienne et la manière dont elle souhaite se faire entendre. Une sorte de veille politique-marketing-médias. En cas de second tour, on rempilera à partir du 11 avril. #Jour5

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L'énnemie, c'est la société civile

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Les rencontres politiques se poursuivent. Du candidat le plus marginal, jusqu’au cador, en passant par les « accompagnateurs », chacun tente de faire son trou…avec les moyens du bord. Jusqu’à la, rien d’anormal. Ce qui l’est par contre, c’est cette tension palpable entre le pouvoir et la société civile. J’ai comme l’impression que dans cette campagne électorale les associations de défense des citoyens sont les seuls ennemis, les seules qui puissent faire tanguer le bateau MPS (et ses 104 partis alliés hahahaha). Dommage qu’elles ne puissent se muer en formation politique. Le résultat du vote final aurait été, peut-être, plus serré. 

Sur le terrain social, l’UST (Union des syndicats du Tchad), qui agrège les principales cellules syndicales du pays, a appelé les Tchadiens à une grève sèche à partir de ce vendredi 25 mars afin de protester contre les arrestations arbitraires de cette semaine. Cette grève est, selon certains postes Facebook, suivie principalement par le personnel des hôpitaux publics. Le ronronnement (car avouons-le, ce n’est pas encore une gueulante populaire) s’est internationalisé. Des étudiants chassés de leur université squattent l’ambassade du Tchad au Burkina Faso. Quelques activistes ont tenté d’occupé la représentation tchadienne à Paris. Voilà quelques soubresauts de l’actualité parallèle (mais intimement liée aussi) à la présidentielle 2016.

Sur le terrain, en Patrol et à la radio

Le PLD (Parti pour les libertés et le développement) est enfin descendu dans l’arène. Son candidat, Mahamat-Ahamad Alhbo, s’est exprimé jeudi 24 mars lors d’un meeting tenu à Ndjaména. Devant au moins 3 000 personnes, il a réaffirmé les crédos du parti d’Ibni Oumar, à savoir rendre leur dignité aux Tchadiens. Si la présence du PLD sur le terrain arrive à être aussi active que celle menée sur le net, leurs meetings vaudront le déplacement. Car Alhabo inspire, au-delà de l’adhésion politique de ses partisans, un respect profond aux personnes avec lesquelles j’ai pu m’entretenir.

Dans le même temps, Idriss Deby Itno était lui à Abéché, la grande ville de l’est du Tchad. La foule des grands jours a accueilli, comme on pouvait s’y attendre, le président sortant avec un enthousiasme de circonstance. Le discours aussi était le même qu’à Ndjaména : à savoir des promesses. Le seul changement vient du fait qu’IDI a troqué ses rutilants Toyota VDJ200 (les fameuses V8 si chères au Tchadien) contre des Nissan Patrol. Une petite coquetterie apportée au long fleuve tranquille que sera cette élection pour le candidat du MPS (sorry, de l’Alliance)

Sur les ondes de FM Liberté, Delwa Kassiré Coumakoye était l’invité de la tranche « élection présidentielle », une quotidienne dans laquelle chaque candidat est appelé à s’exprimer. Le leader du VIVA RNDP (Rassemblement national pour le développement et le progrès) a chargé Deby en l’accusant de tous les maux. En précisant qu’ «aux lendemains de la Conférence nationale (j’ai) aidé Idriss Déby à mettre en place les mesures pour changer le quotidien des Tchadiens. Mais il n’a rien suivi. Au contraire, il a divisé les Tchadiens. ». Critiquer le sortant, c’est de bonne guerre. Mais ce que le peuple veut, c’est qu’on lui propose un projet de société.

Bon vendredi à tous.

Chérif ADOUDOU ARTINE

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