A quoi sert le périodique « LOGONE INSIDE » ? A rien ! Si ce n’est à faire gagner un insignifiant magot à son (ses) propriétaire(s) camerounais. Usurpation de propriété intellectuelle, manque d’informations légales sur le titre et de données tangibles sur le ROI annonceurs, un vide intersidéral au niveau du contenu. Autant de tars que symbolisent ce magazine sans ligne, ni fond éditorial. Analyse corrosive de ce torchon qui est une insulte aux métiers de la presse en générale et au journalisme en particulier.

Le numéro de « LOGONE INSIDE » sur lequel porte mon analyse est le 005 de décembre-janvier 2015. Aucune information vérifiable sur la date de distribution.

20150408_205501

 La forme

Une pléthore de commentaires négatifs peut être avancée sur la forme de ce magazine : Couleurs baveuses et travestissement des chartes chromiques (preuve d’une qualité d’impression médiocre), manque de cohérence dans l’utilisation des polices, …

Il y a tellement à dire sur le fond que nous parlerons du design dans un autre billet.

Concentrons-nous plutôt sur les aspects propres aux techniques de presse et au contenu.

Si certains acceptent de payer de l’argent pour paraitre dans un magazine qui ne communique ni son taux de diffusion, ni son CPM, ni le nom de l’entreprise qui l’imprime c’est que leur choix est basé sur des critères subjectifs. A rappeler que le taux de diffusion est toujours accompagné d’une feuille de routage attestant que le journal a bien été déposé à tel endroit. Ce travail est effectué en générale par des « messageries » spécialisées. Ces sociétés sont jugées sur leurs capacités à couvrir la plus grande superficie possible.

En s’attardant sur l’ours, le lecteur peut constater que certaines informations légales ne figurent pas : aucune indication sur le numéro de dépôt légal, le nom et l’adresse de l’éditeur et le nom et l’adresse de l’imprimeur. Cette dernière information peut servir aux annonceurs s’ils souhaitent se renseigner sur le tirage réel du titre de presse. Dans le cas de « LOGONE INSIDE » il serait impossible à qui que ce soit de vérifier le tirage de 20 000 exemplaires annoncé en couverture. Cela met mal à l’aise…déjà.

Plagiat

Pour un périodique s’estampillant « BUSINESS MAGAZINE », on est en droit d’attendre une production de papiers d’un certain niveau d’expertise. Dans le cas présent, c’est le desert de Gobi ! Pire ! Un plagiat, un vole de propriété intellectuelle, gros comme une maison se trouve en page 32. Il s’agit d’un article non signé et non ‘’sourcé’’ intitulé « Publicité digitale : un eldorado pour les annonceurs ». Ce texte est issu en réalité du mensuel « FORBES AFRIQUE » propriété du groupe « Afrique Medias Holding SA ». Il  a été publié en ligne le 5 janvier 2015 sur la plateforme d'hébergement et de partage de présentations de contenus professionnels, SLIDE SHARE par son auteur, Mme Diane Lawson, Strategy and Sales manager au sein du groupe Lagardere (Médias)

lawson

Voici le lien de ce que j’avance ainsi qu'une capture d’écrans attestant cette accusation de malhonnêteté sur la production intellectuelle d’autrui. Je précise que le fait de ne pas citer sa source est un acte passible de poursuites judiciaires, au Tchad, comme ailleurs.

http://fr.slideshare.net/didianelawson1/la-publicit-digitale-un-eldorado-pour-les-annonceurs dans la rubrique Technologie/Mobile advertising.

forbes afrique

On trouve en page 2 et 3 les voeux du président de la république, Idriss Deby Itno. Il s'agit là encore d'une replique in extenso du texte se trouvant sur le site "presidencetchad.org". Ont-il eu le blanc seing de la direction de la Communication pour exploiter ces voeux dans un but lucratif ? Je ne le pense pas. Mais, sans preuve, je leur accorde le bénéfice du doute.

presidence

L’article sur les Saos du Tchad, vainqueurs de la neuvième édition de la coupe de la CEMAC, est juste un copier/coller dont « LOGONE INSIDE » cite cette fois la source. Aucun travail de production intellectuelle, une fois de plus.

Un patchwork de photos illustre cet article sur les footballeurs tchadiens. Mais les clichés sont présentés sans aucune légende. Je me demande à quoi cela peut bien servir ? Une illustration est censée parler plus qu’un article, être plus explicite que des mots. Celles que « LOGONE INSIDE » nous offre ne sont ni contextualisées, ni balisées, ni mises en situation. Ces photos sont plus muettes qu’une taupe.

1 page produite sur 36 publiées

Sur les 36 pages du numéro 005, il n’y a, à l’exception du texte en page 5 qu’on peut considérer comme un éditorial, aucun article rédigé par l’équipe de « LOGONE INSIDE » composée pourtant de 10 personnes dont les noms sont mentionnés dans le pseudo ours en page 2. On a donc droit à 35 page de ‘’COPY/PASTE’’ ou d’annonces à caractères publicitaires – qui sont également, et là aussi c’est une bizarrerie, reprises dans le sommaire. Si c’est pour faire ça, il vaut mieux ne rien faire et heureusement que ce torchon est gratuit.

Un manque de crédit pour les communicants sérieux

La question que je me pose est « comment une telle supercherie peut attirer des annonceurs ? » En ma qualité de communicant professionnel (formé pour cela et pratiquant le métier au quotidien) je ne peux tirer à boulet rouge que sur nos décideurs. Ils font preuve d’un manque de discernement dans le choix de leurs partenaires dans les métiers de la communication. Des légèretés qu’ils ne commettraient guerre s’il s’agissait de choisir un conseiller fiscal ou juridique. Des corps de métiers qu’ils estiment être indispensables.

Et pourtant, la communication est aussi importante que la fiscalité et/ou le fait d’être bien défendu. A l’heure où la concurrence est de plus en plus ardue et que chaque part de marché est un combat de haute lutte, le choix d’un bon communiquant (professionnel, formé et connaissant le contexte dans lequel il évolue) est un viatique pour nos entreprises (publiques, privées étrangères). Tant que ces métiers de la communication seront marginalisés et confiés à des aventuriers, tel que le promoteur de « LOGONE INSIDE » qui vendait des chemises il y a trois ans encore, qui s’improvisent spécialistes, le Tchad et les Tchadiens auront une longueur de retard sur la scène régionale. Sans compter le manque de moralité criant de ces personnes. Sur base de ce que qui est démontré en infra dans ce billet (usurpation de la propriété intellectuelle), ne peut-on pas se poser la question de savoir si ces flibustiers venus d’on ne sait où ne sont pas capables de tenter de flouer le fisc tchadien et  se soustraire par la même occasion à leurs obligations vis-à-vis de l’Etat ? Les chefs d’entreprises non plus ne sont pas à l’abri de forfaitures pouvant leur faire regretter leurs choix. Les communicants tchadiens sont là, seront présents dans cinq ans, dans dix ans, dans vingt ans si Dieu leur prête vie. Travaillant consciencieusement afin de faire avancer leur pays vers les standards internationaux tout en gagnant leur vie honnêtement. Et ils ne sont pas plus cons que les autres.   

« Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse ! » scandait le dramaturge français du XIXième siècle Alfred de Musset. Pour ma part, je paraphrase de Musset en affirmant  « Qu’importe l’origine du professionnel, pourvu qu’on ait les résultats et le respect des règles ». Actuellement ce n’est pas encore le cas.

 

signature blog