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Nous, Tchadiens, nous réjouissons des événements burkinabés. Mais quid de ce qui se passerait chez nous ? Ne nous voilons pas la face, notre joie, notre fierté sont en fait le résultat d'un miroir déformant : la volonté d'un changement de régime par la voie populaire que nous souhaitons pour notre pays... Nous rêvons, à travers nos postes facebook laconiques, nos tweets de soutiens "aux frères" de Ouagadougou ou de Bobo-Dioulasso, d'un printemps africain qui inclura le Tchad.

Mais prenons garde et ne nous laissons pas emporter par le romantisme apparent de cette douce "révolution de l’Harmattan". Il y a quand même eu dans la journée de jeudi plus de trente morts rien que dans la capitale.  Le Burkina n'est pas le Tchad et le Tchad ne sera jamais un autre pays. Au-delà de cette lapalissade, il y a deux éléments (parmi tant d'autres) qu'il ne faut pas écarter.

Primo: Les leaders de l'opposition de l'ex Haute-Volta ont pris leurs responsabilités et sont descendus dans la rue, entraînant avec eux les acteurs de la société civile et la foule, pour le résultat que nous connaissons aujourd'hui.

Cherchez dans l'opposition civile tchadienne l'HOMME qui guidera le peuple, en se positionnant physiquement au premier rang des manifestants, pour défier le pouvoir. Excusez-moi, mais je n'en vois pas.

Secundo: La foule du Faso, même si elle ne plébiscite pas le Général Honoré Traoré, qui assurera la transition, saura se tenir et trouver un compromis pour les 13 mois à venir. L'officier intérimaire essuira les critiques venant de tous bords, mais Il représentera pour cette période de transition la foction présidentielle pour les Burkinabés de toutes origines.

Le Tchad, de son coté, est trop divisé. Aucune personnalité ne se dégagera car il n'existe pas de sentiment national dans ce pays. Dans une situation identique nos concitoyens ethniciserons la question. Chacun voulant mettre en avant son champion régional. Partant de là, nous vivrons une période de troubles dont personne ne peut imaginer l'issu.

Une révolution au Tchad à l'exemple du Burkina ? Pourquoi pas ? Mais nous aurons alors comme résultat, un chaos à la libyenne.