Un symposium sur « le tourisme et la sécurité » s’est tenu à Ndjaména lundi 7 et mardi 8 juillet. L’Office tchadien du tourisme a réuni pour ces débats les politiques, les élus, les forces de l’ordre et les professionnels du secteur.

A l’heure où les plus beaux spots sahéliens sont désertés, à l’heure où le Dakar se court en Amérique du sud, à l’heure où Boko Haram, Aqmi et autres groupes intégristes sèment la terreur un symposium sur le thème « Tourisme et sécurité » tombe à point nommé. Organisée par l’Office tchadien du tourisme, cette mini conférence de deux jours a tenté de balayer le problème. Comme souvent dans ce genre de rencontres, il y a du bon et du moins bon.
Les suggestions apportées par l’OTT pour alléger et raccourcir les démarches administratives liées à la sécurité sont plus que recevables. L’Office s’est rapproché du ministère de l’Intérieur afin d’ouvrir des échanges qui, il faut le souhaiter, aboutiront sur du concrète quant à l’annulation de certains documents jugés inutiles. Il s’agit des autorisations de circuler, de photographier et le fameux enregistrement à la direction de l’Immigration sous 72 heures. Censées contrer l’insécurité, ces démarches sont plus des éléments contraignants et décourageants pour les éventuels visiteurs. Les avis divergent, avec d’un côté les tenants de la ligne sécuritaire et de l’autre les personnes qui pensent que les suggestions de l’OTT sont excellentes. Aux « flics » qui soutiennent que ces mesures rassurent les visiteurs étrangers, l’Office répond avec beaucoup de justesse que « ce ne sont pas les papiers qui assurent la sécurité, mais plutôt un ensemble d’éléments ajoutés l’un à l’autre. Les forces de l’ordre, bien évidemment, les populations locales et les chefs traditionnels ». Les opposant à l’assouplissement des démarches sont sur une ligne purement politique et ne changeront pas d’avis tant que les doléances de l’OTT n’arriveront pas sur le bureau du Président de la République. Ces propositions, si elles sont appréciées par le chef de l’Etat, seront dès lors soutenues par ceux-là mêmes qui les combattent aujourd’hui alors qu’elles ne sont que suggestions. Leur position n’est donc pas celle de dirigeants éclairés et soucieux de l’avenir du secteur touristique et de ce qu’il peut apporter au Tchad, mais juste un jeu de politique politicienne. Un excès de zèle pour se faire remarquer.
Lors de ces travaux, on a eu l’impression que le tourisme tchadien se limite dans son ensemble à l’ex préfecture du BET et à Zakouma. L’essentiel des chiffres avancés par l’OTT, tous les des témoignages recueillis et le houleux débat sur l’aspect sécuritaire faisaient tous référence à cette région.
A l’heure actuelle, les Lacs d’Ounianga, classées au patrimoine mondiale de l’humanité par l’UNESCO, semblent être l’arbre qui cache la forêt de la diversité des richesses touristiques tchadiennes. Sans être un fin connaisseur du secteur, je peux citer les chutes Gotio ou la faune en voie de disparition autour du lac Tchad. Même les professionnels étrangers du tourisme conviés par l’OTT ont spécialisés leurs offres sur la zone orientale-septentrionale du Tchad.
Est-ce une volonté marquée de l’OTT, un désintérêt pour le reste du pays ou un manque de maîtrise du secteur touristique dans son entièreté ? « Le tourisme tchadien est encore à ces balbutiements. C’est un secteur qui doit se structurer. Par la suite, des offres plus diversifiées seront proposées » explique un membre de l’OTT. On attend de voir…