Notre curseur émotionnel a balancé entre joie et tristesse ce samedi lors du match de l’équipe nationale tchadienne face au Malawi en phase préliminaire de la CAN 2015. Joie pour la qualité de jeu que les Saos ont imprimée en première période. Et tristesse pour la mollesse de ces mêmes joueurs en 2ième mi-temps. Tristesse aussi pour le manque de professionnalisme criant de notre fédération nationale.

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Belle victoire tchadienne face au Malawi en match retour du 1er tour préliminaire pour la CAN 2015. Mais au bout compte, élimination due au but inscrit en seconde période par les joueurs d’Afrique australe. A la fin de cette rencontre, le sentiment était mitigé. Le public était ravi de la prestation tchadienne et déçu par la gestion du match par la Fédération tchadienne de football. 

Sous les 45 degrés affichés par le thermomètre, les onze Saos présents sur la pelouse synthétique du stade Idriss Mahamat Ouya de Ndjaména ont attaqué cette rencontre avec une envie et une application qu’on a rarement vu chez cette équipe. Leur première mi-temps a été quasi parfaite. A la vitesse et la technique du « Luxembourgeois » Morgan en milieu de terrain, il faut ajouter la puissance et la précision d’Ézéchiel Ngar en attaque. Ces deux individualités ont apporté un supplément d’âmes à notre équipe nationale. Et l’on devrait construire autour d’elles pour niveler par le haut notre qualité de jeu et créer l’émulation. De belles perspectives …

Virtuellement qualifiés pour le deuxième tour préliminaire, ces mêmes joueurs ont entamé la seconde période avec beaucoup de difficultés « physiques » au point de laisser les adversaires du jour inscrire le seul et unique but qui suffisait à leur bonheur. Après le match, les raisons avancées par les joueurs pour expliquer cette baisse d’intensité n’étaient pas d’ordre physique. Mais plutôt un manque de motivation. « Des voleurs sont rentrés dans le vestiaire et ont fait ce qu’ils voulaient. Sept GSM ont disparus (…) le reste de nos affaires a été jeté aux toilettes » pestait le latéral droit Najim Haroun. Et de poursuivre : « On n’avait plus la tête au match

Une fusillade

La légèreté avec laquelle la FTF a organisé ce match nous a peut-être couté la qualification. Mais a failli aussi nous couter des vies. L’engouement suscité par cette rencontre est un succès pour les dirigeants du foot tchadien. Ils ont réussi à unir une partie des Ndjaménois derrière son équipe. Mais l’incurie dont ils ont fait preuve dans la gestion extra-sportive de cette rencontre éliminatoire est juste condamnable. Point de billetterie (même si la rencontre était gratuite), encore moins de cordons de sécurité autour du stade, juste une trentaine de policiers pour gérer une foule de plus de 10 000 personnes, des bousculades, des gaz lacrymogènes lancés à l’emporte-pièce…et même une petite fusillade.

Tous les ingrédients d’une catastrophe de stade étaient réunis. Que dira le rapport des délégués de la Confédération africaine de football en ce qui concerne la sécurité autour et dans le stade ? Il faut espérer qu’il sera sévère et suivi d’actions pour que le niveau de sécurité augmente. Parce que si rien n’est fait, si la FTFA n’est pas sommée avec véhémence par les instances du foot continental de prendre ses responsabilités,  nous déplorerons dans l'avenir plus qu’une élimination sportive…